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Voter en toute autonomie ? Pas encore acquis pour tout le monde !

Voter, un droit acquis en Belgique depuis 1948 et pourtant… ce droit n’est pas encore une réalité pour tous les Belges. Même si des améliorations ont été perçues et appréciées par les Personnes à Mobilité Réduite (PMR) lors des deux derniers scrutins, il ne faut pas oublier que de manière générale, les personnes en situation de handicap et à mobilité réduite n’ont pas encore accès au processus de vote en toute autonomie et, de facto, au respect du secret du vote.

Afin d’anticiper dès à présent la mise en accessibilité des prochaines élections, le CAWaB a rencontré les Cabinets des Ministres des Pouvoirs Locaux régionaux, à savoir Pierre-Yves Dermagne (Wallonie) et Bernard Clerfayt (Bruxelles), en ce début de législature.

Ces deux rencontres ont été l’occasion pour le CAWaB de présenter les différentes mesures visant à améliorer l’accessibilité des élections communales du 14 octobre 2018 ainsi que ses revendications et recommandations pour les prochains scrutins, que vous découvrirez dans cet article.

L’accessibilité du vote

Afin d’assurer à tous le droit de vote, il est important de garantir l’accessibilité à l’ensemble des bureaux de vote. A ce jour, de nombreux électeurs avec des difficultés de marche doivent encore prendre des escaliers pour aller voter ; d’autres sont orientés vers un autre bureau pour trouver un local et un isoloir accessible.
L’accessibilité du vote s’étend, bien entendu, aux isoloirs, aux machines de votes électroniques, aux bulletins papier, ...

A Bruxelles, les machines de votes électroniques doivent être sensiblement améliorées pour permettre à tous de les utiliser. Actuellement, il n’est, par exemple, pas possible, comme sur tout ordinateur, d’utiliser une synthèse vocale, de modifier les contrastes ou la taille des caractères, …

En Wallonie, une alternative ou adaptation du bulletin de vote papier doit être mise en place pour permettre le vote en autonomie aux personnes déficientes visuelles ou en situation de handicap intellectuel.

Certaines communes ont eu l’initiative d’installer un isoloir dans le hall de l’administration communale quelques semaines avant les élections afin que tous puissent venir s’exercer. Cette démarche, particulièrement appréciée des personnes en situation de handicap intellectuel, devrait être instaurée et systématisée dans toutes les communes.

En ce qui concerne le transport adapté, il y a lieu de systématiser leur disponibilité le jour des élections ainsi que leur gratuité. Actuellement, ce service est renégocié à chaque élection.

De plus, l’accessibilité dans son ensemble doit être vérifiée par des experts pour que, in fine, certains aménagements réalisés ponctuellement dans le cadre des élections puissent être pérennisés et ainsi améliorer durablement l’accessibilité des bâtiments communaux concernés.

Enfin, il est également important de mettre l’accent sur la formation des présidents de bureaux et assesseurs sur la façon de mettre en œuvre l’accessibilité des bureaux de vote ainsi qu’une formation à l’accueil des personnes avec un handicap (stationnement, entrée dans le bâtiment, signalétique, éclairage,…).

Accessibilité de l’information autour des campagnes, listes et programmes

L’objectif du vote est de donner sa voix au candidat ou au parti qui représente aux mieux nos intérêts, nos valeurs, nos convictions,…mais comment le faire si, dès lors, nous n’avons pas accès aux campagnes, listes, programmes politiques, sites internet des partis, car ceux-ci ne nous sont pas accessibles ?

Lors des élections de 2018-2019, aucun site internet de parti politique n’était aux normes d’accessibilité numérique, aucun programme n’a été traduit en Facile à Lire et à Comprendre (FALC), ni même en Langue des Signes Francophone Belge (LSFB).

Les campagnes et programmes doivent être rendus accessibles pour permettre à tous de préparer au mieux son vote et remplir ses obligations citoyennes : le CAWaB souhaite que les partis soient tenus de rendre leur site internet accessible, mais également de mettre à disposition des versions en LSFB et en FALC de leurs programmes. Par ailleurs, les débats télévisés devraient systématiquement être sous-titrés et traduits en LSFB.

Evaluer pour s’améliorer

Enfin, le CAWaB demande qu’un processus d’évaluation soit réalisé auprès des électeurs concernés afin de déterminer si les mesures prises permettent de rendre le processus de vote accessible à tous. Pour ce faire, les Administrations devraient mettre en place cette évaluation afin d’obtenir un baromètre et une vision à plus long terme sur l’évolution de l’accessibilité.

Suite à ces rencontres, les gouvernements régionaux ont maintenant les cartes en mains, mais surtout, disposent encore de 4 années avant l’organisation des prochaines élections communales et régionales, pour rendre le processus électoral réellement inclusif et accessible à tous.

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